Salon auto de Bruxelles : l’espoir d’une renaissance verte

Voiture électrique Le monde de l’automobile prise ces salons qui, une fois par an, rassemblent curieux et passionnés autour de la culture automobile. Mais cette fête est aujourd’hui ternie par la crise automobile. La crise, en cassant le rêve, fait éclater l’absurde des sur-motorisations et surconsommations et rappelle durement que la voiture est avant tout pour chacun un objet utilitaire et coûteux

qui impose le réalisme. Les salons actuels mettent en exergue la faible consommation et vantent les solutions de propulsion alternatives «vertes», hybrides, électriques et aussi le gaz naturel. Ils mettent en avant le sens des responsabilités des constructeurs soucieux d’environnement et de sécurité.

Bruxelles, dont c’était la 88e édition, a toujours été un salon commercial et permet au marché européen de prendre le pouls de la demande en début d’année. Mais 2010 est assez cruelle pour l’industrie automobile en Belgique, pays qui avait su attirer en terrain neutre les usines des grands constructeurs européens, et qui voit se rétrécir son industrie automobile.

Mais Bruxelles ouvre aussi des voies d’espoir dans la transformation du marché. Une partie importante est consacrée, sous l’égide de GDF Suez, au véhicule électrique. On peut essayer une Volvo C 30, une Mini-E, une Mitsubishi i-Miev, et contempler le déjà mythique roadster Tesla. Sur une courte piste, l’essai routier permet de confirmer qu’un véhicule électrique est une voiture agréable et séduisante. Totalement silencieuse, elle offre des accélérations remarquables et un confort tout à fait conforme au modèle d’origine. Si la Mini électrique est encore un prototype et exhibe une motorisation de 200 cv, la i-Miev, déjà en vente au Japon, est désormais aboutie. On peut d’ailleurs observer à quelques pas sur les stands du groupe PSA, en première présentation mondiale, ses cousines Citroën C-Zéro et Peugeot Ion, qui seront sans aucun doute les vedettes du Mondial de Paris cet automne. C’est d’ailleurs le groupe PSA, que l’on disait timide sur le véhicule électrique, qui déploie le plus d’efforts pour démontrer son engagement sur ce segment nouveau, présentant notamment un concept car, BB1, équipé du système de roues arrières à moteur électrique intégré développé par Michelin.

BB1 est destiné à être produit en série. Plus encore Peugeot dévoile son 3008 Hybrid4 à motorisation diesel hybride électrique (2l diesel, 163 cv et 37 cv électriques), un quatre roues motrices promis pour 2011 à des performances intéressantes (99 g de CO2 par km), ainsi que le coupé RCZ hybride, avec un taux d’émisison de 95g de CO2 par km présenté en tant que concept car mais très proche du modèle définitif. La préoccupation de la consommation et des rejets est aussi mise en évidence sur les véhicules classiques, la nouvelle C3 et la tonique DS3 se flattant de descendre au-dessous du seuil de 100g de CO2 par km. Peugeot a lancé à Bruxelles son challenge “Peugeot Eco Cup”, concours destiné à sensibiliser les conducteurs européens à une conduite responsable.

Renault, largement engagé sur le véhicule électrique, présente à nouveau le concept de recharge rapide par remplacement du pack de batteries en trois minutes, le système QuickDrop, et met en valeur la Fluence, berline au design flatteur qui sera, dans sa version électrique, au cœur du projet BetterPlace en Israël et au Danemark.

Renault tient également à participer à l’effort global de réduction des consommations des moteurs conventionnels avec sa Clio équipée du Dci 90 cv qui affiche 99g de CO2 par km. Volkswagen croit, comme BMW, à l’avenir du moteur à combustion interne optimisé en déployant son offre BlueMotion à travers sa gamme de petites voitures (Polo, moteur diesel 1,2L, 87g de CO2 par km et Golf, 99g de CO2 par km) et moyennes voitures (Passat BlueMotion, 118g de CO2 par km) dont les performances élevées en matière d’émission de CO2 sont dues à l’adoption du système Stop-Start, de boîtes au rapport long, de pneumatiques à faible résistance et d’un design aérodynamique soigné. BMW décline sur toute son offre son approche « Efficient dynamics » et présente un X6 hybride encore bien gourmand et son concept car hybride et électrique Vision aux lignes futuristes.

Le groupe Toyota peut se flatter d’avoir été le premier à industrialiser un véhicule hybride dans l’indifférence générale. Toyota met justement en valeur le niveau de compétitivité globale atteint par son modèle emblématique, la Prius, qui entre dans sa douzième année et a déjà été livré à plus de 1,2 millions d’exemplaire, ce qui représente évidemment un banc d’essai considérable qui donne à Toyota une longueur d’avance sur tous ses concurrents, y compris Honda dont la nouvelle berline Insight est jugée moins accomplie.

Il est indéniable que l’industrie réagit vite au nouveau contexte environnemental. Il reste à observer les réactions des clients qui ont besoin de comprendre ces nouvelles offres qui, de fait, rendent les choix plus complexes. Les signaux de prix résultant des efforts de constructeurs et des incitations gouvernementales devront être clairement lisibles par le marché, tant en coût d’acquisition que d’usage.

Prochaine étape : Genève en mars.

Jean-Pierre Corniou, Directeur Général Adjoint de Sia Conseil et ancien membre du Comité de Direction de Renault

Cet article a également été publié sur la chaîne énergie de l’Expansion

Articles dans : Actualité, Articles, Automobile, Dossiers, Métiers, Secteurs, Types, Véhicule Electrique

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