Le web des radiateurs, une belle ambition industrielle pour les réseaux électriques
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Au-delà des usages classiques comme la télé-relève ou l’effacement de puissance, le Smart Grid, sorte de réseau électrique 2.0, pourrait être une révolution pour les énergéticiens qui intègreront les NTIC dans tous leurs métiers. A condition toutefois que l’on structure les initiatives. Si le secteur de l’électricité est en effervescence sur le sujet des |
réseaux intelligents, c’est parce que leur ambition va bien au-delà des usages souvent cités en exemple de télé-relève ou de tarification évoluée. Le Graal qui suscite les convoitises du secteur est un bond en avant dans la maîtrise de toutes les infrastructures énergétiques. Comment ? En distribuant de l’intelligence à tous les niveaux du réseau. Et les bénéfices ne manquent pas, au point que les gaziers amorcent eux-mêmes une réflexion analogue.
Le producteur dispose d’un outil de pilotage des productions renouvelables intermittentes. Pour le gestionnaire de réseau de transport de nouveaux outils de gestion de l’équilibre offre-demande apparaissent. Le gestionnaire du réseau de distribution peut y voir une opportunité d’économies sur les coûts de relève des compteurs. Le vendeur accède à des leviers de différenciation (services, tarification). Quant au client et à la collectivité, le réseau électrique 2.0 leur ouvre la voie à une moindre facture énergétique et à une meilleure empreinte carbone. Pourvu que l’on trouve la clé de la rentabilité du système.
Additionner les bénéfices pour résoudre une équation économique difficile
Les coûts d’un réseau électrique 2.0 sont un défi. Isolément, la valorisation de chacun des usages du réseau intelligent ne suffit pas à couvrir tous les coûts du système. D’abord parce que les méthodes de valorisation ne sont pas figées (en témoigne l’affaire Voltalis) mais aussi parce que la structure même des coûts est peu propice aux économies d’échelle. Les coûts de main d’œuvre pour connecter chaque nœud du réseau sont incompressibles et les éventuels abonnements de communication pèsent lourd dans le bilan.
En conséquence, un tel projet ne souffre pas le manque d’ambition : pour « éduquer » le réseau, il faut d’emblée intégrer les besoins futurs de tous pour mutualiser les infrastructures et les coûts. D’où l’importance de structurer les initiatives.
La France a fait le choix d’une ambition structurante : Linky
L’exemple américain de coordination peut paraître séduisant : une constellation de startups innovantes, une administration qui finance des projets à hauteur de 4 G$ et qui ordonne à un groupe de travail de fixer les standards du marché pour garantir l’interopérabilité des réseaux et des contrats sécurisés pour 24 millions de compteurs d’ici 2015 (cf figure). Mais la méthode est à l’image du marché américain de l’électricité, morcelé en une myriade d’utilities sans grandes interconnexions.
La France, forte d’un réseau de distribution intégré, a fait le choix de mutualiser des coûts majeurs : les communications. Avec le projet Linky d’ErDF, elle remplacera chaque compteur actuel par un compteur communiquant et reliera tout consommateur au futur réseau intelligent capable de réaliser un pilotage de charge simple. Ce faisant, elle définit un standard de fait et stimule la concurrence entre de nombreux acteurs (fabricants d’électroménager, opérateurs de service) pour intervenir sur le réseau. La tâche sera néanmoins complexe pour définir une tarification d’accès au réseau gagnante.
Cet article a également été publié dans le magazine énergie de Sia Conseil
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