Le démantèlement nucléaire en France, six fois moins cher qu’au Royaume-Uni
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Le mix énergétique français est souvent vanté comme étant très peu carboné grâce à son parc nucléaire. Pourtant, tous les acteurs du secteur, opposants comme partisans, sont amenés à se poser la même question : que va devenir le parc nucléaire français vieillissant ? |
Attaqué sur les coûts et le peu de visibilité donné, le démantèlement fait partie du cycle de vie des centrales nucléaires et peut être traité selon différents scénarios. Suite à l’article sur l’état de la gestion des déchets nucléaires, Sia Conseil se propose maintenant d’étudier le démantèlement, souvent accusé d’être flou et incertain. Quel est le mode de fonctionnement du démantèlement nucléaire ? Quels scénarios ont été adoptés dans d’autres pays soumis à la même problématique de démantèlement et quels sont les enjeux en France ?
L’encadrement du démantèlement des centrales nucléaires
Quelle que soit l’activité, toutes les usines industrielles connaissent une fin de vie et doivent donc être démantelées pour éviter une exploitation dangereuse et pour réaménager les sites sur lesquels elles ont été construites. On parle de « retour à l’herbe » lorsque l’usine est complètement démolie. Dans le cas particulier des exploitations nucléaires, cette opération fait l’objet d’une attention particulière étant donné sa complexité et les risques de fuite et de rejet dans l’environnement.
Avant de procéder au démantèlement au sens strict du terme, il existe trois étapes réglementaires, surveillées par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), préalables à l’arrêt d’une centrale nucléaire : l’Arrêt Définitif de la Production (ADP), la Cessation Définitive d’Exploitation (CDE) et la Mise à l’Arrêt Définitif (MAD). Viennent ensuite les étapes d’assainissement au cours desquelles les structures, les matériels, les sols et les murs doivent être décontaminés. Du fait de la décroissance de la radioactivité avec le temps, ces étapes d’assainissement, apparentées à un « nettoyage », sont plus faciles à réaliser si elles commencent plusieurs années après la MAD de la centrale. Ceci explique que plusieurs pays, comme la Grande-Bretagne ou les États-Unis, aient choisi de commencer l’assainissement et le démantèlement de leurs centrales plusieurs années après la fin de leur exploitation.
Ce n’est qu’après toutes ces étapes que commence le démantèlement proprement dit de la centrale. On entend par démantèlement le démontage de tous les équipements de production et de toutes les structures dans lesquelles ont séjourné les matières nucléaires ainsi que l’évacuation des déchets. A l’issue de toutes ces opérations, le site peut être réhabilité et libéré de tout contrôle règlementaire. L’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) a par ailleurs identifié trois niveaux de démantèlement qui font aujourd’hui référence :
- Niveau 1 : Les matières et les fluides radioactifs sont retirés de l’installation, les barrières d’étanchéité sont maintenues en l’état et les systèmes d’accès restent verrouillés.
- Niveau 2 : Les parties de l’installation les plus faciles à démonter sont enlevées, le taux de radioactivité dans l’environnement reste surveillé, l’installation est partiellement ouverte.
- Niveau 3 : Tous les matériaux ou équipement présentant une radioactivité significative sont évacués, aucune surveillance ou inspection n’est plus nécessaire.
Le démantèlement de chaque centrale nucléaire est un projet délicat mais qui profite d’un retour d’expérience unique en ce qui concerne la réintroduction des déchets classiques dans le circuit de recyclage, le nettoyage des zones contaminées, le rinçage des circuits, la mesure radiologique, le travail télécommandé…
Toutes ces règlementations et l’expertise nécessaire pour réaliser ces opérations vont dans le sens d’un démantèlement des centrales nucléaires bien encadré. Pourtant, il subsiste des incertitudes comme la période sur laquelle s’étale le démantèlement et son coût réel. S’il est estimé par Areva1 que le démantèlement d’un réacteur expérimental peut prendre entre 10 et 40 ans et que celui d’un réacteur commercial peut prendre 50 ans, les scénarios diffèrent d’un pays à l’autre. Il en est d’ailleurs de même pour les coûts du démantèlement, souvent pointés du doigt par les anti-nucléaires, en raison de son manque de transparence et de prévisions parfois incertaines. Que donne le premier retour d’expérience des autres pays ayant optés pour le nucléaire et quelle est la situation en France ?
Des estimations et des plans d’actions différents selon les pays
Il était estimé en 1999 par le courrier de l’UNESCO que, dans le monde, sur les 523 réacteurs existants, 94 étaient arrêtés, soit environ 20% des réacteurs fermés. Ce pourcentage devrait significativement augmenter dans la décennie à venir avec le vieillissement du parc nucléaire mondial. Il est donc important d’établir un scénario de démantèlement précis pour chaque centrale, arrêtée ou toujours en cours d’exploitation. Plusieurs paramètres peuvent ainsi être pris en compte : le nombre d’années après la MAD à partir duquel le démantèlement peut commencer, la stratégie de stockage des déchets et les méthodes de financements.
Le cas du Royaume-Uni est surprenant. En effet, pour seulement 35 réacteurs nucléaires et une puissance installée de 9 000 MW, les coûts totaux du démantèlement sont estimés à 103 milliards d’euros2. , soit 2,9 milliards d’euros par centrale. Ces chiffres sont à comparer avec ceux des États-Unis, où 104 réacteurs sont encore en activité, et où la Nuclear Regulatory Commission (NRC) a estimé le coût du démantèlement à 300 millions de dollars (environ 210 millions d’euros) par centrale nucléaire. Cette estimation a d’ailleurs déjà été éprouvée sur la centrale de Yankee Rowe dans le Massachussetts où, après 30 ans de travaux, le coût du démantèlement s’est finalement élevé à 350 millions de dollars (environ 246 millions d’euros), soit près de 10 fois moins que pour le Royaume-Uni ! Neuf réacteurs américains commerciaux de plus de 600 MW sont ainsi entrés dans un processus complet de démantèlement. Au Royaume-Uni, le principal site en cours de démantèlement est celui de Sellafield, qualifié par l’AIEA de « plus radioactif d’Europe », où résident les principaux réacteurs d’Angleterre. Sur ce site, pour la centrale de Calder Hall, la fin du démantèlement est prévue pour 2117 afin d’amortir les coûts, de simplifier les étapes d’assainissement et d’évacuer les déchets. Le Royaume-Uni a donc opté pour une stratégie de démantèlement sur le très long terme alors que les États-Unis, pour des coûts moins élevés, ont décidé d’attendre trente ans après la MAD des centrales pour commencer leur démantèlement. Ces différences de scénarios peuvent trouver plusieurs explications : la gestion des déchets sera probablement plus délicate pour le Royaume-Uni qui ne dispose pas de grandes étendues de stockage comme les États-Unis. Par ailleurs, les centrales nucléaires aux États-Unis, plus récentes, produisent moins de déchets et leur démantèlement avait été anticipé au moment de leur construction, ce qui réduit inévitablement les coûts. Ce retour d’expérience montre donc que donner une estimation des coûts de démantèlements simplement en fonction de la puissance ou du nombre de réacteurs est un indicateur imprécis. Il est important de prendre en compte l’historique du pays concerné car la capacité du pays à stocker les déchets, à recycler un maximum de matières mais aussi l’ancienneté du parc joueront un rôle essentiel dans cette estimation.
Toutefois, ces deux exemples extrêmes peuvent à eux seuls justifier les inquiétudes du grand public vis-à-vis du cas de la France. Avec une productivité plus élevée et une soixantaine de réacteurs en activités, comment sont évalués les coûts en France et quel scénario sera adopté pour notre parc vieillissant ? Selon différentes sources (AEN, AIEA ou encore AREVA), le coût du démantèlement est évalué à 15% de l’investissement initial. Si on prend pour référence les derniers réacteurs à eau pressurisée – dits REP, comme l’EPR par exemple – dont les coûts d’investissements initiaux se situent autour de 3 milliards d’euros, les coûts de démantèlement atteindraient 450 millions d’euros par centrale. Sachant qu’EDF a ajouté 500 millions d’euros au fond de 13,6 milliards d’euros3 destiné au démantèlement, il est raisonnable de penser que les fonds nécessaires à la fin de vie des centrales sont contrôlés en France. Cependant, nous sommes en droit de nous demander pourquoi les coûts sont parfois sous-estimés, comme ce fut le cas pour la centrale de Brennilis4.
Selon un rapport de l’Agence pour l’Énergie Nucléaire (AEN), le coût du démantèlement d’un réacteur nucléaire français peut se découper de la façon suivante :

Source : AEN,
« Politiques, stratégies et coûts de démantèlement : un tour d’horizon international », décembre 2003
L’estimation de l’AEN apporte des premiers éléments de réflexion mais doit être complétée par des précisions sur chaque poste. Un modèle de risques et d’incertitudes sur les coûts est à construire pour avoir une meilleure visibilité sur le prix réel du démantèlement. Par exemple, sur le poste « Traitement et évacuation des déchets » du graphique ci-dessus, quel serait l’impact de la découverte de déchets résiduels dans les circuits sur le coût total ? De même, pour le « Réaménagement du site », de quelle façon les législations en vigueur et futures pourront amener à augmenter la facture du démantèlement ? Les coûts d’autres postes, non spécifiques aux installations nucléaires, comme la « Déconstruction des bâtiments », peuvent être considérés comme stables. Cependant, un tableau de bord de risques avec les impacts induits est à mettre en place sur les postes spécifiques au nucléaire afin de mieux anticiper les surcoûts éventuels.
Des questions restent donc bien en suspens sur cet aspect de l’énergie nucléaire, pourtant indispensable à moyen terme pour limiter nos émissions de CO2. Ces interrogations risquent de prendre de plus en plus d’importance dans les prochaines années car le démantèlement des centrales va s’accélérer. Un mode de pilotage des risques et des coûts sera donc à établir et surtout à communiquer au grand public sous peine de provoquer sa réticence et son rejet d’une technologie qui connaît actuellement une relance considérable pour maîtriser la hausse de la demande mondiale d’énergie.
Cet article a également été publié par la chaîne énergie de l’Expansion
Notes :
(1) Source : « Tout sur l’énergie nucléaire, d’Atome à Zirconium », 2008
(2) Source : Article du Monde publié le 1 Avril 2006 « M. Blair confie au secteur privé le démantèlement de ses vieilles centrales nucléaires »
(3) Somme ajoutée au cours de l’année 2008. Source : Rapport 2008 de Développement Durable d’EDF
(4) Le réacteur de Brennilis (Finistère) est un réacteur de première génération de 70 MW dont le coût de démantèlement aurait dû être très faible. Les opérations ont cependant été suspendues compte tenu des difficultés rencontrées et la facture pourrait, selon la Cours des Comptes, être 20 fois plus élevée que prévu.
Sources :
- « Tout sur l’énergie nucléaire, d’Atome à Zirconium », 2008
- Rapport développement durable d’EDF
- Site institutionnel de l’AEN
Articles dans : Métiers,Nucléaire,Secteurs
8 Commentaires »
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17 juillet 2009
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Abonnement
Il est nécessaire de rectifier plusieurs points :
- le démantèlement du réacteur de Yankee Rowe (USA) n’a certes coûté « que » 350 millions de dollars, mais c’était un tout petit réacteur de 167 Mw ! Il n’est donc pas du tout sérieux de prendre ce démantèlement pour référence : les coûts vont être démultipliés pour les réacteurs de 500 Mw, 900 Mw, 1300 Mw (sans oublier l’EPR de 1650 Mw)
- de fait, les sommes « provisonnées » par EDF sont incroyablement insuffisantes : il va manquer des centaines de milliards ! Notez que « provisionnées » est entre guillemets car en fait ces faibles sommes n’existent même pas, perdues dans l’endettement colossal d’EDF.
- le démantèlement de Brennilis n’a pas été stoppé « compte tenu des difficultés » mais par le Conseil d’Etat sur saisine du Réseau « Sortir du nucléaire ». Ce dernier ne s’oppose bien sûr pas au démantèlement, mais il entend empêcher EDF de s’en débarrasser à moindre coût au détriment de l’environnement et de la santé des personnes. Suite à ce succès, le Réseau a pu révéler des situations innacceptables sur le chantier du démantèlement (cf http://tinyurl.com/m4rg22 )
En résumé, l’article de Sia est a réécrire en bonne partie, du moins dans ses conclusions.
SL
Encore une remarque : cet article se termine par la « tarte à la crème » du supposé renouveau du nucléaire : « une technologie qui connaît actuellement une relance considérable ». C’est clairement du flan, voir article ci-dessous
SL
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La « renaissance » du nucléaire se dégonfle…
Ces derniers mois, chacun a entendu parler de nombreux projets de construction de réacteurs nucléaires un peu partout dans le monde… et particulièrement dans les pays où le président français M. Sarkozy s’est rendu en visite officielle.
La réalité est bien différente. Certes, environ 30 réacteurs sont actuellement en construction, principalement en Chine, mais :
- ils étaient commencés avant la crise financière mondiale ;
- certains sont d’ailleurs commencés depuis plus de 25 ans (!) comme au Brésil et en Argentine.
En réalité, il n’y a quasiment aucun nouveau projet qui soit réellement lancé autrement que par de beaux discours. Par contre, les annulations se succèdent :
- le 5 décembre 2008, l’Afrique du Sud a annulé les 12 réacteurs (dont des EPR) qu’elle prétendait construire (1)
- le 25 mars 2009, Tepco (Japon) a « repoussé » la construction d’un réacteur (2)
- Le 23 avril, l’américain AmerenUE a annulé un projet d’EPR dans le Missouri (3)
- Le 29 juin, la province canadienne de l’Ontario a annulé le remplacement de deux réacteurs (4)
- Le 1er juillet, Exelon a annulé un projet de deux réacteurs dans le Texas (5)
Certes, pour sauver la face, la plupart de ces annulations sont présentées comme provisoires mais l’explication de ces décisions ne risque pas de disparaître, surtout après la crise mondiale qui obère durablement l’accès au crédit pour les grands projets : les entreprises ont fait leurs comptes, le nucléaire est tout simplement trop cher. Surtout quand on constate les dérapages industriels et financiers sur les chantiers EPR de Finlande (Areva) et de Flamanville (EDF)…
Finissons avec une question piège : combien notre cher « omniprésident » a-t-il vendu de réacteurs depuis qu’il a été élu ? 20 ? 10 ? 5 ? Non : ZERO. En effet, lors de ses nombreux déplacements, ont été signé ici un « mémorandum d’entente », là un « accord de coopération ». Ces textes, sans aucune valeur contractuelle, évoquent l’hypothèse de la vente de réacteurs EPR par la France. Ces signatures ont été très médiatisées par l’Elysée, laissant croire que des réacteurs avaient été vendus, mais il n’en est rien.
Ha si : M. Sarkozy a « vendu » un EPR : à la France ! Ce réacteur sera construit à Penly (Seine-Maritime), à partir de 2012… si M. Sarkozy est réélu à la Présidence de la République.
Stéphane Lhomme
Porte-parole du Réseau « Sortir du nucléaire »
(1) http://www.enviro2b.com/2008/12/08/nucleaire-lafrique-du-sud-annule-son-projet-epr
(2) http://www.sortirdunucleaire.org/actualites/presse/affiche.php?aff=5901
(3) http://www.romandie.com/infos/news2/090423195314.nwvkt3ei.asp
(4) http://ogov.newswire.ca/ontario/GPOF/2009/06/29/c2687.html?lmatch=&lang=_f.html
(5) http://www.platts.com/Nuclear/News/8676742.xml
« Il existe trois étapes réglementaires (…) l’Arrêt Définitif de la Production (ADP), la Cessation Définitive d’Exploitation (CDE) et la Mise à l’Arrêt Définitif (MAD). »
Attention, depuis la parution du décret n° 2007-1557 du 2 novembre 2007, qui est un décret d’application de la loi n° 2006-686 du 13 juin 2006 relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire, la notion de CDE disparaît au profit de la notion d’ « opérations de préparation à la mise à l’arrêt définitif ».
De même, on ne distingue plus que deux phases réglementaires dans la vie d’une installation :
- la phase de fonctionnement de l’installation, réglementairement encadrée par le décret d’autorisation de création,
- la phase de démantèlement, succédant à la mise à l’arrêt définitif de l’installation, réglementairement encadrée par le décret d’autorisation de mise à l’arrêt définitif et de démantèlement.
L’arrêt définitif de production, qui intervient durant la phase de fonctionnement de l’installation, n’est donc pas vraiment une étape réglementaire.
Nos points de vue sont basés sur des éléments factuels. Toutefois, nous ne sommes pas infaillibles et si certaines hypothèses s’avèrent fausses nous sommes prêts à revoir nos positions. Dans le cas présent, nous maintenons nos propos. Comme le montre les compléments que nous apportons ci-dessous, nous considérons que les commentaires de Monsieur Stéphane Lhomme – porte-parole du réseau Sortir du Nucléaire – manquent d’objectivité.
Néanmoins, nous avons décidé de les publier pour permettre à nos lecteurs de se forger leur propre opinion face à des raccourcis qui nuisent à la compréhension des enjeux et à l’émergence de solutions viables.
- Il est difficile de ne pas parler de renouveau du nucléaire quand on connaît tous les projets de construction qui émergent dans le monde. Ce n’est pas le sujet principal de cet article et ce point est mieux traité dans l’article sur les potentiels concurrents de l’EPR : http://energie.sia-conseil.com/20090710-relance-du-nucleaire-quels-concurrents-pour-l%e2%80%99epr/. La carte de cet article montre bien toutes les constructions en cours et les projets de par le monde. Par définition, il est normal que les « projets de constructions » ne soient pas tous validés, comme le précise l’article que vous citez. Néanmoins, ils sont à rapprocher du nombre d’autres projets existants et surtout des centrales déjà en construction, comme les AP1000 de Westinghouse en Chine et aux Etats-Unis ou les APWR 1530 de Mitsubishi au Japon. Les autres projets aux Etats-Unis devraient par ailleurs voir le jour dès que la politique énergétique du président Barrack Obama sera votée, principalement pour sécuriser les approvisionnement en énergie et lutter contre les émissions de CO2. Voir l’article de Jacques Besnainou, président d’AREVA Amérique du Nord, pour plus de précisions sur les projets aux Etats-Unis : http://energie.lexpansion.com/articles/energie-nucleaire/2009/07/AREVA-repond-a–Sortir-du-nucleaire-/
- Votre remarque sur le réacteur de Yankee Row illustre un point de méfiance que l’article voulait mettre en avant : le prix du démantèlement ne doit pas être uniquement estimé en fonction de la puissance mais bien en tenant compte de tout l’historique. Le réacteur de Yankee Row a été construit en 1960 : la vétusté de cette technologie fait qu’il produisait beaucoup de déchets et n’avait pas été pensé pour être démantelé, ce qui engendre des surcoûts considérables par rapport à un réacteur de même puissance qui serait construit aujourd’hui. Pourtant, le démantèlement s’est déroulé de bout en bout jusqu’au retour à l’herbe tout en restant dans l’ordre de grandeur des estimations de son coût. L’estimation de la NRC de 300 millions par centrale est une moyenne et elle devra effectivement être mise à jour en fonction des nouveaux projets de nucléaires. Comme indiqué dans l’article, « neuf réacteurs de plus de 600 MW sont entrés dans un processus de démantèlement ». Un retour d’expérience sur les coûts devra être fait pour actualiser l’estimation et, comme nous le précisons, construire un modèle de gestion des risques sur chaque pôle de coût du démantèlement.
- Les sommes provisionnées par EDF sont bien réelles. Il est à préciser qu’elles ne sont pas fixes mais alimentées tous les ans pour prendre en compte le vieillissement du parc. Par ailleurs, notre fiche benchmark sur EDF (disponible dans notre onglet « Expertise Sia Conseil » si vous êtes membre premium : un simple email pour l’inscription suffit) montre que l’endettement d’EDF a baissé en flèche depuis 2002 jusqu’en 2007. Cet endettement est remonté l’an dernier en raison des investissements voulus par Pierre Gadonneix, ce qui est une bonne chose car il avait été reproché à François Roussely, l’ancien président d’EDF, de ne pas avoir assez investi et donc ne pas avoir assez assuré l’avenir d’EDF. Toute entreprise qui investit est amenée temporairement à s’endetter. Rien de plus normal quand on connaît les marges de manœuvre d’EDF, entreprise qui reste rentable et qui continue à gagner des parts de marchés à travers le monde.
– Pour le démantèlement de Brennilis, c’est bien en raison des difficultés rencontrées que le conseil d’état a pu être saisi et le démantèlement suspendu. Des demandes d’autorisation de reprise du démantèlement sont en cours, ce qui témoigne bien de la volonté de démanteler les centrales vieillies pour assurer la sécurité de l’environnement.
A la lumière de ces points, nous maintenons donc nos conclusions. A savoir que le nucléaire est une énergie qui connaît actuellement une relance mais qu’il est nécessaire de préciser certains aspects (comme un modèle de pilotage des risques du démantèlement que nous préconisons) et surtout de les communiquer au grand public pour éviter les rejets.
[...//...Pour le démantèlement de Brennilis, c’est bien en raison des difficultés rencontrées que le conseil d’état a pu être saisi et le démantèlement suspendu.]
Sur ce point, et en toute objectivité, c’est à la fois lié aux dificultés et à l’arrèt du conseil d’état pour défaut d’information au public.
[...//...Sachant qu’EDF a ajouté 500 millions d’euros au fond de 13,6 milliards d’euros...//...]
10,13.6, 24, 29 miliards d’euros ? Personne ne connait la réalité! Comment expliquez vous dans ce cas, les 24 milliards d’euros détectés et qualifiés par la Cour des Comptes « d’embryonnaires » dans leur rapport sur ces démantèlements nucléaires et datant de 2004/05(publication)
Toute la presse en avait fait échos ! Depuis il est vrai, EDF a « investit » en GB, en rachetant au prix fort British Energy pour 15 milliards d’euros (pour en revendre une partie 6 mois plus tard, à perte-lu sur Les Echos), puis Constellation aux USA 4.5 milliards d’euros, en quelque sorte, les finances pour le démantèlement auraient servis à Gadonneix pour ses emplettes en externalisation.
EDF est surendetté, AREVA vendue à la découpe, et nous autres contribuables avons encore a provisionner cette phase de chantier de cette filière nucléaire, dont ni vous ni moi, peuvent à ce jour en connaitre les couts, sachant que la surveillance des déchets ultimes sera également a financer, pour des milliers d’années.
Vous estimez que Stéphane Lhomme ne serait pas objectif ! Pour votre information, l’EPR Finlandais vendu 3 milliards va en couter 3 de plus, alors si pour construire les écarts de près de 100% sont la loi chez AREVA, quand sera-t-il le momment venu, pour payer des estimations aussi peu crédibles que celles que vous énoncez.
Brennilis va couter 482 millions d’euros, pour un réacteur de 70Mw, si puissance et cout ne sont pas strictement liés, il faut pas non plus prendre vos lecteurs pour de simple consommateurs de jolis mots envers le lobbie nucléaire.
Merci tout de mème pour votre ouverture au dialogue.
Cordialement Patrick Quéméner. le 1 décembre 2009.
C’est à la fois lié aux difficultés. Précision :
La Sous Station des Effluents (STE) du site de Brennilis devait être démantelée depuis 2001 au plus tard ! Il se trouve que d’après un des techniciens du CEA qui a participé a l’arrêt de ce réacteur, et après avoir travaillé sur cette installation pendant une vingtaine d’années, il emet de sacrés doutes concernant ce pot pourri atomique. Des flux de déchets seraient enfouis dans un puits, et avec d’énormes difficultés pour s’en « débarasser ».
Ce prototype est à tout point vu l’exemple grandeur nature de l’échec patent de cette filière nucléaire française, une cocotte atomique qualifiée « hors normes » par le professeur Pellerin, celui du nuage sans nuage, c’est dire, près de 5 tonnes de gaz CO2 radioactif et chargé de tritium, comme jamais l’Ankou n’en avait respiré.
Du plutonium dans les ruiseaux avoisinants et seulement constaté et reconnu par l’EDF 40 ans après !
Selon vous, l’EDF serait-elle aussi objective que les militants anti-nucléaires ?
Cordialement PK
Coût du démantèlement en Suisse :
http://www.2000watts.org/index.php/energytrend/nucleaire/nucleaire-prix/724-nucleaire-20-milliards-pour-desaffecter-les-5-centrales-suisses.html
Ce sont pas des centrales, mais cinq réacteurs.
» L’Office fédéral de l’énergie Suisse a revu à la hausse les coûts de désaffectation des centrales nucléaires en Suisse. Il devrait en coûter au moins 20,65 milliards de francs (17 milliards €) pour les cinq centrales [réacteurs], soit 10% de plus que lors de la dernière actualisation quinquennale. «
Bonjour, Je ne suis pas un inconditionnel du nucléaire, mais je trouve que l’on attaque plus le nucléaire civil que le nucléaire militaire. Ainsi les verts négocient la sortie du nucléaire civil et ne disent rien sur le nucléaire militaire. Alors que le nucléaire civil sert à quelque chose le nucléaire militaire lui ne représente que des dangers. Je pense qu’il ne faut pas mettre tout les œufs dans le même panier c’est pourquoi je suis favorable à une plus grande diversité de l’offre énergétique. Je pense qu’il faut absolument garder une filière nucléaire civile au sein de l’offre énergétique française en augmentant la sécurité et la transparence. La France doit garder sont avance technologique dans la filière nucléaire civile. Il faudrait également travailler sur les éoliennes offshores, ainsi que sur les hydrauliennes. Je pense que nous avons un grand chantier devant nous c’est celui de l’habitat, il faut en effet repenser l’habitat et l’activité humaine pour que nous soyons moins consommateurs d’énergie. Tout les immeubles construits a partir de maintenant devraient l’être avec un chauffage de base au sol en géothermie profonde et une réflexion sur le recyclage des déchets par quartier. Pour ceux qui pensent que nous pouvons réduire la production totale d’électricité, je les invite à réfléchir a l’énergie nécessaire pour faire travailler nos 5 millions de chômeurs. De même à réfléchir au développement dans nos villes des véhicules électriques individuels ou collectifs. Quelle est la position des verts sur le développement des véhicules électriques en cas d’un bond en avant important de ce mode de transport comment fournir l’énergie électrique nécessaire pour recharger les batteries? L’idéal serait un vrai débat national sur l’énergie avec un engagement des collectivités locales dans la production d’énergie électrique. Certain d’entre vous citent le coût du démantèlement des centrales et ils ont raison sauf que EDF à les moyens de financer cela, mais préfère distribuer des dividendes à ses actionnaires plutôt que de provisionner pour le démantèlement là encore un choix politique à été pris de faire entrer l’actionnariat privé dans le capital d’EDF et là les verts n’ont rien dit! C’est une réflexion globale qu’il faut avoir. Première question: l’énergie électrique est t-elle une marchandise comme les autres ou doit elle faire partie d’une politique publique? 2ème question les collectivités locales sont t-elle prête à investir dans l’énergie.