Les ampoules à économie d’énergie : vraiment “écolo” ?
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Les ampoules à filament de plus de 100W ont disparu des magasins européens le 1er juillet 2009. Le 1er septembre prochain, ce sera ensuite le tour des ampoules de plus de 75W. 130 ans après sa création par Thomas Edison, l’ampoule à incandescence disparaîtra définitivement des rayons d’ici la fin 2012 au profit des lampes basse consommation (LBC). Quels sont les avantages de cette nouvelle technologie ? Sont-elles réellement « écolo » ? Plusieurs inquiétudes ont été récemment évoquées, en particulier les impacts sur la santé et l’environnement : sont-elles fondées ? |
Les LBC sont plus chères mais consomment 4 à 5 fois moins d’énergie et sont 8 à 10 fois plus résistantes
Selon un sondage TNS Sofres réalisé en juin dernier, 70% des français interrogés estiment que mettre en place des actions pour réduire la consommation énergétique « coûte cher ». Ils attendent donc une baisse significative du prix des ampoules basse consommation, dites fluocompactes. En effet, ces dernières coûtent en moyenne 8 euros contre 2 ou 3 euros pour une ampoule ordinaire. Cependant, les LBC constituent à première vue une révolution technologique car les ampoules à incandescence ont une durée de vie limitée : un an en moyenne contre 8 à 10 ans pour les LBC, qui représentent finalement un investissement avantageux.
Mais ne perdons pas de vue l’enjeu majeur : l’impact environnemental de ces mesures, adoptées par la Commission Européenne, aboutissant à la généralisation des LBC, devraient permettre d’économiser l’équivalent de 80 TWh d’ici 2020 (soit plus de 2 fois la quantité d’électricité importée en France en 2008) et de réduire les émissions de CO2 de 32 millions de tonnes par an sur le Vieux Continent. En France, 8 TWh seraient économisés soit environ 2 fois la consommation annuelle d’électricité des Parisiens.
Hormis son coût, les principales inquiétudes des consommateurs portent sur la santé
Les LBC contiennent du mercure, métal dont la toxicité et l’écotoxicité sont connues. Mais le dosage très faible (0,05 mg par lampe1) semble limiter les risques. Le problème est simple : le mercure est très utile dans le processus d’allumage de ces lampes, et aucun substitut n’est pour le moment trouvé. Ainsi, pour éviter toute menace de pollution, un service de recyclage, programme Recylum2, a été créé, financé par une écotaxe de 0,15 € sur le prix d’achat. L’objectif de ce service est de collecter l’ensemble des ampoules basse consommation. Tous les points de vente et les déchetteries seront équipés d’un bac de collecte. Le risque semble donc plutôt bien contrôlé.
Parallèlement, le Centre de recherche et d’information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem) s’inquiète du taux électromagnétique3 à proximité immédiate des LBC. Celui-ci serait bien plus important que pour les ampoules classiques. Les rayonnements électromagnétiques et les ondes basses fréquences qu’elles émettent, qui sont reconnus comme dangereux pour la santé, pourraient être cancérigènes en cas de longue exposition : ces rayonnements seraient de l’ordre d’un four à micro-ondes. Les chiffres divergent à ce sujet, car toutes les radiations ne sont pas prises en compte dans les tests des fabricants. Ainsi, le Criirem déconseille, par mesure de précaution, de les utiliser dans les lampes de chevet ou de bureau, généralement situées tout près de leurs utilisateurs. Le centre « aurait mis en évidence une pollution électromagnétique émanant des ampoules fluocompactes à une distance inférieure à 20 cm ».
Cependant, à l’heure actuelle, l’impact réel que cela pourrait avoir sur la santé ou l’environnement n’est pas établi. Mais en cas de casse d’une ampoule, la fuite du mercure peut-elle avoir des conséquences sanitaires ? Connaît-on réellement les risques du rayonnement ? Existe-t-il des similitudes avec celui du téléphone portable ? Autant de questions que les consommateurs se posent et qui restent sans réponse concrète basée sur une étude reconnue. La méthodologie de l’étude du Criirem ayant été largement contestée par les industriels, des expérimentations seront réalisées prochainement par l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement (Afsset), qui travaille à la mise au point d’un protocole d’essais.
Les LBC sont-elles économiques ? Existe-t-il des effets indirects?
L’efficacité des LBC est réelle. Cependant, certains scientifiques ne sont pas convaincus des économies engendrées par cette technologie et leurs arguments semblent vouloir faire planer le doute et jeter le discrédit sur une idée préconçue.
Les ampoules à incandescence éclairent mais produisent aussi et essentiellement de la chaleur (95% des kwh consommés). Ainsi, tout en réduisant la facture d’électricité, leur remplacement par des LBC conduirait, selon eux, à une augmentation de la facture de chauffage (en hiver principalement). Les LBC seraient alors une « fausse économie » et leur généralisation induiraient une augmentation des émissions de CO2.
D’autres scientifiques plus modérés jugent que les LBC sont à adapter à certains pays ou certaines situations. Elles seraient peu adaptées aux pays froids et particulièrement efficaces dans les pays chauds. Par ailleurs, elles s’avèreraient spécialement indiquées pour l’éclairage extérieur. Ainsi, ces partisans conseillent aux gouvernements de bien étudier l’usage des différentes technologies avant de prendre des décisions trop radicales afin d’éviter que les choix destinés à réduire les émissions de GES n’aient l’effet inverse.
Quoi qu’il en soit, la machine est lancée. Depuis quelques années, on constate une forte croissance de la demande des ampoules à économie d’énergie. En 2008, 53 millions de LBC tout usage confondu, domestique ou professionnel, ont été déclarées mises sur le marché. Avec un « chiffre d’affaires sur 2008 de 337 millions d’euros, le marché des ampoules grand public croît de 7%, boosté par les LBC en progression de 19% »4. Aujourd’hui, les deux tiers des ménages français auraient d’ores et déjà acheté au moins une ampoule de ce type.
Sia Conseil
Notes :
(1) En comparaison, les vieux thermomètres contiennent 500 mg de mercure, ce qui équivaut à plus de 100 ampoules basse consommation.
(2) Hervé Grimaud, Directeur Général de Récylum : « La collecte a débuté fin 2006. Nous avons collecté 3000 tonnes en 2007, ce qui correspondait à 20 millions d’ampoules et tubes. Pour 2008, notre progression est de 33% avec 4000 tonnes, soit environ 27 millions d’unités. Nous avons par ailleurs dépassé nos objectifs de déploiement avec plus de 8000 points de collecte installés sur le territoire ».
(3) Les LBC fonctionnent selon le principe bien connu des tubes fluorescents. Elles émettent des champs électromagnétiques dans plusieurs gammes de fréquence, de 50 Hz à 10 MHz.
(4) Source : cabinet GfK
Sources :
- http://www.ampoulebasseconsommation.org/
- Les lampes à incandescence sur la voie de l’extinction, La Tribune, 21/04/2009
- Les ratés des ampoules basse consommation, Le Monde, 05/04/2009
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Ces arguments et contre-arguments ont fait l’objet de débats houleux par web interposé.
On peut notamment souligner que:
- à luminosité et durée de vie égales, les ampoules classiques génèrent une surconsommation par rapport aux LBC qui produit l’émission de beaucoup plus de mercure que n’en contient une LBC.
- pour les personnes électrosensibles il existe des LBC “blindées” stoppant tout rayonnement électromagnétique (lequel est émis au niveau du culot), pour un surcoût quasi-nul.
- la puissance de chauffage des ampoules classiques est inférieure d’un ou deux ordres de grandeur par rapport à celle d’un chauffage domestique, et à ce titre peut être négligée.
Je vous propose de lire dans l’ordre:
1) Une remise en cause des LBC par un économiste:
http://www.ecoloclic.org/lecoblog/le-co%C3%BBt-cach%C3%A9-des-ampoules-%C3%A0-basse-consommation
2) Une réponse à l’article précédent par le WWF:
http://www.wwf.fr/s-informer/actualites/une-idee-vraiment-lumineuse-tribune-de-serge-orru-publiee-dans-les-echos
3) Un complément argumenté par un chercheur:
http://www.planete-terra.fr/Les-fluo-compactes-une-fausse,1228.html
Dire que les ampoules à incandescence chauffent en hiver et permettent de diminuer les émissions de CO2 n’est pas fondé : en hiver, une partie de l’électricité en période de pointe est produite par des centrales thermiques très très émettrices de CO2… Donc diminuer la consommation d’électricité diminuera aussi la violence de ces pointes et donc les émissions de CO2.
Par ailleurs, interdire purement et simplement les ampoules à incandescence n’est peut-être pas la meilleure solution :
- C’est une atteinte à une liberté individuelle, pas fondamentale certes, mais une liberté de choix tout de même… Mettre une taxe d’accord, mais l’interdire me choque.
- Comme vous le montrez dans cet article, les LBC contiennent des produits toxiques et mettre en place un système de collecte ne résout pas le problème : quel pourcentage de la population ramène ses piles usagées au supermarché ?
- La couleur de l’éclairage n’est pas non plus la même, vivre avec des LBC, c’est vivre avec des néons en permanence. Le spectre de couleur n’est pas continu et cela pose des problèmes de rendu de couleur (pour ceux qui aiment la photographie ou autres).
- Les LBC sont faites pour rester allumées longtemps, elle ne sont donc pas faites pour certaines pièces comme les toilettes ou les lieux de passage.
- Ce n’est peut-être pas la priorité quand on sait ce que représente l’éclairage dans la consommation finale d’énergie et surtout dans les émissions de gaz à effet de serre… Le gouvernement peut présenter ça fièrement mais ça n’est qu’un cache-misère.
Bref, chaque type de lampe a ses avantages et ses inconvénients, en interdire un type arbitrairement me choque.
L’argument consistant à défendre les ampoules à incandescence parce qu’elles contribuent au chauffage en hiver est aberrant. Cela pointe au contraire un inconvénient de ce style d’éclairage, car on en déduit logiquement qu’elles chauffent inutilement les habitations tout le reste de l’année… Difficile de croire que cet argument ait été avancé par des scientifiques.
Je ne suis qu’une néophyte au sujet de l’énergie et des répercussions mais j’ai pu remarquer 2 choses au sujet des LBC: 1- Elles éclairent moins bien et 2- Elles sont plus chères. Sans doute le rapport durée de l’ampoule / prix est-il justifiable mais je n’en sais trop rien. Ma question est : n’est-on pas en train de se tromper de direction? Éliminer complètement les ampoules classiques au lieu de les améliorer est-il vraiment le meilleur moyen? Surtout quand il s’agit d’en sortir d’autres plus chimiques et qu’il faudra donc traiter par la suite pour les recycler. L’environnement y gagne-t-il vraiment?
Je trouve qu’on aurait pu laisser le libre arbrite quant aux choix de ces ampoules : incandescentes ou LBC. Après plusieurs années d’utilisation on pourra constater les effets nocifs de ces ampoules nouvelle génération… D’autre part, si la lumière produite est moche (tout le monde est sans doute d’accord), par contre personne ne s’émeut en ce qui concerne l’esthétique de ces lampes !!! Allons-nous être obligés de décorer nos lustres de bronze doré avec ces serpentins ridicules ou ces énormes choses disproportionnées de forme allongée ? Certains me répondront : pensons d’abord à notre planète… mais oui bien sûr et je mettrai mes lustres d’un autre âge à la poubelle qui iront grossir les montagne de déchets dont on ne sait que faire… et comme ça la boucle sera bouclée…