Océan : de multiples pistes d’exploitation pour une formidable source d’énergie renouvelable
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La 7ème édition de la semaine du développement durable vient de s’achever. Certains analystes indiquent que les produits écologiques, « durables et rentables », connaissent un regain de consommation par ces temps de pression sur le pouvoir d’achat des Français. |
Difficile à ancrer dans l’économie et les pratiques quotidiennes, le développement durable fait néanmoins partie des défis que la France doit relever. En chemin pour atteindre l’objectif, fixé par l’Union Européenne, de produire en 2020 20% de sa consommation électrique grâce aux énergies renouvelables, la France est impliquée dans la recherche et le développement du solaire et de l’éolien, mais elle a aussi récemment affirmé son intention de progresser dans la production d’une énergie renouvelable assez méconnue : l’énergie marine.
En effet, la deuxième Conférence Internationale sur les Energies Marines organisée par EDF et l’IFREMER1 , s’est tenue à Brest en octobre dernier, et une déclaration inédite y a été faite par les principaux acteurs du secteur. Il s’agit d’IPANEMA, l’Initiative PArtenariale Nationale pour l’émergence des Energies MArines : une « déclaration d’intention et un appel à fédérer les efforts de développement des énergies marines en France ».
De quoi s’agit-il vraiment ? Pour la France, quelles sont les causes et les conséquences d’une telle déclaration ? Dans cet article, Sia Conseil vous propose une présentation des énergies marines et un focus sur le cas Français, afin de mieux appréhender cette source d’énergie renouvelable réellement stratégique.
Les sept principaux types d’énergie marine : un potentiel remarquable
L’océan représente un immense réservoir d’énergie potentielle. Les technologies permettant d’exploiter cette énergie sont nombreuses, et si certaines sont encore au stade de l’expérimentation, beaucoup ont mûri et souhaitent désormais s’engager dans une phase d’industrialisation.
Le tableau ci-dessous présente les principaux types d’énergies qui peuvent être produits à partir de l’océan.

Source : Sia Conseil
Les énergies marines en France : une filière à structurer pour exploiter un potentiel avéré
La France dispose d’un véritable potentiel en matière d’énergies marines. Elle concentre 80% du potentiel européen hydrolien, ce qui représenterait une production d’électricité de 10 millions de MWh par an. Aussi, 10 millions de km² de zones maritimes sont placés sous sa juridiction. Selon l’IFREMER, 7,7% des 20 Mtep (mégatonnes équivalent pétrole) d’augmentation de la production d’énergie renouvelable française pourraient provenir des énergies marines d’ici 2020.
Les initiatives pour le développement des énergies marines en France sont nombreuses. Elles sont le fait d’organismes publics et universitaires, de PME, mais aussi d’industriels et de collectivités locales. Les 12 signataires d’IPANEMA témoignent de cette diversité : le Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable, de l’Aménagement du Territoire, l’ADEME, l’IFREMER, DCNS, EDF, les Régions Basse-Normandie, Bretagne, Haute-Normandie, Pays de la Loire, Provence Alpes Côte d’Azur, Rhône-Alpes et la Réunion.
Il y a quelques années déjà l’Etat Français a souhaité apporter son soutien à la production d’énergie marine, en publiant deux décrets (juillet 2006 et mars 2007) qui instituent des tarifs avantageux pour l’achat d’électricité d’origine marine ou éolienne en mer. L’ADEME travaille par ailleurs à la création d’un outil cartographique qui permettra de valider la pertinence du choix d’un site pour l’implantation d’installations de production d’énergies marines.
A titre d’exemple, la Bretagne abrite deux grands projets de fermes hydroliennes. En mars 2008, la société française HydroHelix Energies a immergé dans l’estuaire de l’Odet, à Bénodet, un prototype d’hydrolienne : la « Sabella D03 », pour une phase d’expérimentation. Au tiers de la taille réelle, ce prototype a une capacité de production de 10 à 40kWh. En juillet 2008, EDF a annoncé la construction d’un projet pilote de ferme d’hydroliennes au large de Paimpol dans les Côtes d’Armor. Au total, 3 à 6 hydroliennes d’une capacité totale de 4 à 6 MW seront installées. Le raccordement au réseau d’électricité est prévu pour 2011 si les tests sont concluants.
Malgré la dynamique influée par de telles initiatives et la création de pôles de compétitivité, le secteur des énergies marines en France souffre d’un manque de coordination des acteurs et de difficultés de financement. Récemment, l’IFREMER a publié la synthèse d’une étude prospective à horizon 2030 sur les énergies renouvelables marines. Si le potentiel français en matière d’énergies marines est avéré, une des conclusions de cette étude est la nécessité de faire émerger dans le pays une filière structurée pour un développement efficace des énergies marines. La structuration d’une filière dédiée est capitale pour pouvoir créer des sites d’essais en mer et des prototypes à taille réelle, si importants pour confirmer la viabilité d’une technologie. C’est pour atteindre le développement industriel à horizon 2020 des technologies les plus matures, que les acteurs d’IPANEMA ont décidé de coordonner leurs efforts. L’enjeu est crucial pour le mix énergétique français.
Miser sur l’innovation en matière d’énergies marines : un challenge international
La France n’est pas seule à s’intéresser aux énergies marines. En mai 2008, les Etats Unis ont signé un accord de collaboration avec le Portugal pour capitaliser sur la recherche et le développement dans le secteur des énergies houlomotrices. En juillet de la même année, la presse nous apprenait qu’une innovation était en cours d’expérimentation dans un laboratoire en Angleterre : un dispositif d’exploitation des vagues sous la forme d’un long tube en caoutchouc, le «Anaconda Bulge Wave»2 , qui pourrait s’avérer moins coûteux à entretenir que les dispositifs en métal tels que le « Pelamis3». Plus récemment, en mars dernier, à Bruxelles, la société Américaine PetroAlgae a remporté un prix lors du « World Biofuels Market 2009 » pour sa technologie permettant de produire un carburant à partir d’algues marines…
Un nombre croissant d’acteurs des secteurs de l’industrie et de l’énergie est résolument motivé par la volonté d’innover dans le domaine des énergies marines. Au-delà des phases d’expérimentation, les enjeux énergétiques et commerciaux sont réels. La France semble décidée à se donner les moyens d’exploiter l’immense potentiel qui est le sien.
Notes :
(1) IFREMER : Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer.
Cette conférence s’est inscrite dans le cadre de la Sea Tech Week, la Semaine Internationale des Sciences et Technologies de la mer. De nombreux spécialistes de l’énergie, de la recherche et de l’industrie sont venus échanger au cours de conférences et de workshops.
(2) Source : article du Daily Mail du 4 juillet 2008 « Meet the underwater Anaconda snake that could solve our energy problems”.
(3) “Pelamis” : nom d’un poisson méditerranéen proche du thon, donné par la société Ecossaise Ocean Power Delivery à son dispositif de production d’énergie houlomotrice. Pour davantage d’information : site de Ocean Power Delivery
Sources :
- Site du Groupe des énergies marines de l’Agence Internationale de l’Energie
- Site de la convention IPANEMA
- Site de l’IFREMER et Synthèse de l’étude prospective à horizon 2030 sur les énergies renouvelables marines
- Site de la société STATKRAFT, société norvégienne, qui travaille sur l’énergie osmotique
- Bulletin électronique , du Ministère des Affaires Etrangères et Européennes « STATKRAFT essaie le pouvoir du sel »
- Blog Energies de la mer de 3B Conseils, Cabinet Conseil en communication et bureau d’étude
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